Un citoyen se plaint de la qualité des soins et des services qui lui ont été dispensés par les ambulanciers dans le contexte d’un sauvetage hors des voies carrossables.
Au moment des faits, le citoyen se trouvait avec deux amis dans un chalet situé dans une ZEC du Québec. Au cours de la soirée, le citoyen a chuté de son lit et sa tête a heurté un meuble. Il ressentait une douleur au cou, sans plus. Lorsqu’il est retourné à son lit, il a remarqué avoir un peu de difficulté à marcher, comme s’il manquait d’équilibre.
Quelques heures plus tard, la douleur l’a réveillé. Il a demandé l’aide de ses amis afin de s’asseoir, mais cela lui faisait trop mal. La décision d’appeler le 911 au lever du jour a été prise à ce moment.
Au petit matin, ses amis ont parcouru une quinzaine de kilomètres pour atteindre un point d’où il était possible de communiquer avec le 911 par téléphone cellulaire. Les ambulanciers ont été joints et mis en communication avec l’appelant. Compte tenu de la condition du citoyen, son ami a demandé qu’il soit évacué en hélicoptère, ce qui a été fait.
Par la suite, le citoyen a été transporté par ambulance dans un premier hôpital puis, la même journée, transféré dans un autre hôpital mieux équipé pour lui fournir le type de soins dont il avait besoin. Il a subi une intervention chirurgicale et le chirurgien a constaté qu’il avait la moelle épinière complètement sectionnée. Il est, depuis ces événements, quadriplégique.
Compte tenu des atroces douleurs qu’il a ressenties durant son déplacement du chalet à l’hélicoptère, le citoyen considère que sa situation a fort probablement été aggravée du fait que les ambulanciers n’avaient pas apporté le matériel d’immobilisation adéquat. Il maintient que l’un des deux ambulanciers aurait dû retourner par hélicoptère à l’ambulance pour y prendre ce matériel. Le citoyen est d’avis qu’il aurait pu attendre puisqu’il était conscient et n’avait pas de problème respiratoire.
Le Protecteur du citoyen est d’avis qu’un rappel écrit concernant les interventions des ambulanciers en dehors des voies carrossables, lorsqu’ils acceptent de les faire, devrait être effectué pour préciser le matériel de base à prévoir en tout temps lors de sauvetages et les règles concernant la rédaction du rapport d’intervention préhospitalière d’urgence en de telles circonstances. C’est pourquoi il a recommandé à la directrice médicale régionale des services préhospitaliers d’urgence :
La directrice médicale régionale des services préhospitaliers d’urgence a accepté de donner suite à la demande du Protecteur du citoyen. Un rappel écrit a été fait aux titulaires de permis d’exploitation de services ambulanciers et aux ambulanciers de la région concernée.
L’organisation des services d’intervention d’urgence hors réseau routier et la qualité des soins de santé dispensés aux usagers dans ces situations préoccupent le Protecteur du citoyen. L’examen de cette plainte a amené le Protecteur du citoyen à effectuer une enquête systémique sur ce sujet, laquelle est en cours de réalisation.
© Le Protecteur du citoyen 1999-2011